Le Cercle Freudien

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le manque à être, le désir et la jouissance M. SORIANO

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Le manque à être, le désir et la jouissance

Mario Soriano[1]

Le manque à être

Le manque à être m’a amené à vous parler de ces six premiers mois de la vie de chacun de nous ; c’est ce qu’on appelle la pré maturation de la naissance. L’incoordination motrice et équilibratoire du nourrisson apparaît en retard par rapport à la fonction visuelle qui va prendre sa valeur d’anticipation fonctionnelle. Lacan, dans son « Propos sur la causalité psychique », met en relief la prévalence marquée de la structure visuelle dans la reconnaissance si précoce de la forme humaine. L’identification à cette forme va rencontrer un appui décisif dans le narcissisme pour constituer un nœud imaginaire absolument essentiel.

La mort de l’homme, bien avant qu’elle se reflète de façon d’ailleurs toujours si ambiguë est par lui éprouvée dans la phase de misère originelle.

C’est dans ce nœud que gît en effet le rapport de l’image à la tendance suicide que le mythe de narcisse exprime essentiellement.

Nous sommes dans le traumatisme de la naissance jusqu’à la fin de ses six mois de pré maturation physiologique et qui va retentir ensuite dans le traumatisme du sevrage.

La présence absence de la mère, les premiers jeux d’occultation donnent leur caractère itératif à la répétition libératoire dans laquelle l’enfant peut assumer toute séparation ou sevrage en tant que tel.

Cette première vibration nous permet de concevoir cette onde stationnaire de renoncement qui va scander l’histoire du développement psychique.

Donc, au départ de ce développement, le moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire. C’est ce que Lacan appelle les structures fondamentales de la folie.

Ainsi cette discordance primordiale entre le Moi et l’Etre serait la note fondamentale qui irait à retentir en toute une gamme harmonique à travers les phases de l’histoire psychique. Ce qui nous permet de concevoir l’histoire psychique comme une fonction amenée à résoudre cette discordance primordiale entre le moi et l’être en développant cette histoire. A propos de cette résolution, Lacan nous fait remarquer que de cette discordance, par une coïncidence illusoire de la réalité avec l’Idéal, résonnerait jusqu’aux profondeurs du nœud imaginaire de l’agression suicidaire narcissique.

Ce que Freud a identifié comme l’existence de l’angoisse liée à la menace de castration chez l’homme et l’absence de pénis chez la femme, et qui nous a amené à repérer les conséquences subjectives, principalement inconscientes. Avec Lacan, il ne s’agit là que des conséquences de la soumission du sujet aux lois du langage et de la parole. C’est-à-dire que pour Lacan, la castration psychique est dès lors synonyme du manque à être qu’implique la prise de chaque sujet dans le langage.

C’est à partir de cette articulation entre la castration freudienne et le langage qu’il a été possible de différencier la castration de la frustration et de la privation.

Le fait d’être soumis au langage a comme conséquence pour le sujet de ne pas avoir à sa disposition – contrairement à l’animal – un comportement pré déterminé.

La perte qu’implique la prise dans le langage engendre une incertitude irréductible pour le sujet quant à son désir.

du sujet est repérable entre ce qu’il dit et le fait de dire. C’est-à-dire Il est condamné à le chercher sans plus jamais pouvoir le trouver absolument.

C’est ce que Lacan appelle le sujet divisé…

La division entre l’énoncé et l’énonciation.

Permettez-moi de rappeler que la découverte freudienne nous avait emmené à nous poser cette question : « ce qui pense ainsi à ma place est-il donc un autre moi ? » et vous savez la fin que proposait la découverte freudienne avait été « là où fut ça, il me faut advenir ». Cette finalité, cette éthique est de réintégration et d’accord et Lacan de souligner, de réconciliation.

Soulignant l’importance exceptionnelle de cette découverte, Lacan considérait que l’hétéronomie radicale dont la découverte de Freud a montré dans l’homme la béance ne peut plus être recouverte sans faire de tout ce qui s’y emploie une malhonnêteté foncière.

Quel est donc cet autre à qui je suis plus attaché qu’à moi puisqu’au qu’au sein le plus assenti de mon identité à moi-même, c’est lui qui m’agite.

Sa présence ne peut être comprise qu’à un degré second de l’altérité qui déjà le situe lui-même en position de médiation par rapport à mon dédoublement d’avec moi-même comme avec un semblable.

Ce grand Autre, ce degré second de l’altérité que Lacan a trouvé pour endiguer l’au-delà où se noue le désir au désir de reconnaissance, c’est ce qu’il appelait aussi le lieu de la convention signifiante.

Car la découverte freudienne a fait rentrer à l’intérieur du cercle de la science cette frontière entre l’objet et l’être qui semblait marquer sa limite. Quand on s’essaie à prendre toute la mesure du rapport de l’homme au signifiant, à la signification, on peut s’apercevoir, pour peu qu’on touche à cette relation, on peut reconnaître que les modifications des amarres de son être peuvent modifier le cours de son histoire.

C’est donc cette découverte, cet héritage comme dit Lacan, pour qu’il ne tombe en friches, il insiste : « si le symptôme est une métaphore, ce n’est pas une métaphore que de le dire, non plus que de dire que le désir de l’homme est une métonymie. Car le symptôme est une métaphore qu’on le veuille ou non, c’est le dire comme le désir est une métonymie même si l’homme s’en gausse ».

Du manque à être au désir

Il faut prendre le désir à la lettre, c’est l’impératif que nous impose Lacan. Et il le souligne : « Un rêve après tout n’est qu’un rêve entend-on dire aujourd’hui… N’est-ce rien que Freud y ait reconnu le désir ? »

Et pourtant le « Wunsch » allemand et le « wish » anglais avaient amené certains à ne voir dans la découverte freudienne que des vœux.

Alors que Freud avait évoqué le cas justement d’une dame à qui au préalable il avait proposé sa théorie des rêves, selon laquelle le rêve est l’expression d’un désir ; et en interprétant le rêve de cette dame, Freud va s’apercevoir que le désir de la dame est de lui prouver que sa théorie ne tient pas.

Le désir s’articule donc en un discours bien rusé… Un rêve de punition peut à son gré signifier le désir de ce que la punition réprime.

Vous vous souvenez sans doute de cette assertion connue de ce désir d’avoir un désir insatisfait. C’est ce qui nous avait amené à reconnaître le nombre de renvois qui s’exercent pour porter le désir à une puissance géométriquement croissante.

Il faudra ici distinguer deux dimensions à ce renvoi. Le mode où un désir est signifié par un désir (caviar) de l’autre renvoi qui consiste à substituer un désir à un autre désir… Signifier un désir est une chose et substituer en est une autre.

C’est dans cette saisie de la recherche signifiante freudienne du désir que nous pouvons considérer que tous les processus inconscients attestent d’une structure commune soit la relation du désir à cette marque de langage qui spécifie l’inconscient freudien et décentre notre conception de sujet.

Je rappelle brièvement que la succession de représentations circulant dans le champ psychique ont la structure des chaînes signifiantes où nous reconnaissons deux lois qui organisent ces enchaînements justement. La substitution d’un terme par un autre afin de produire l’effet signifiant de métaphore et d’autre part, la combination d’un terme à un autre pour produire l’effet signifiant de métonymie.

La métaphore se présente comme un effet de sens positif, c’est-à-dire un certain passage du sujet au sens du désir. La question qui a le plus intéressé Freud, c’est d’expliquer le rêve. Or le rêve n’est pas l’inconscient. Mais c’est sa voie royale. C’est donc l’inconscient qui s’exprime par la métaphore. C’est cet effet que le rêve découvre.

La métonymie est effet rendu possible de ce qu’il n’est nulle signification qui ne renvoie à une autre signification et où ce produit leur plus commun dénominateur, à savoir le peu de sens. Lacan nous avertit que ce peu de sens a été communément confondu avec l’insignifiant. Le peu de sens qui s’avère au fondement du désir et lui confère l’accent de perversion qu’il nous est tentant de dénoncer dans l’hystérie.

Le vrai de cette apparence est que le désir est la métonymie du manque à être.

Si la métaphore est un désir représenté par un autre désir, la métonymie peut nous apparaître comme ce qui signifie ce qui ne peut pas être et que nous ne pouvons le retrouver que dans le champ du langage.

Dans la métaphore paternelle, Lacan rend compte de la première substitution signifiante, celle de la mère par le père, c’est-à-dire que dans le scénario oedipien freudien Lacan met en relief que pour la première fois un autre, le père, vient se substituer au premier autre, la mère… Et que cette première substitution est comme le modèle de la possibilité de substitution généralisée en quoi consiste notre aptitude au langage.

Par contre, on peut penser que la métonymie permettra de rendre compte de l’éternelle substitution d’objet qu’elle organise. On dirait que la métonymie se dresse devant la perte impliquée par le langage. Perte qui va faire qu’aucun objet ne pourra venir combler ce manque et que le désir causé par celui-ci ne pourra se soutenir que dans la recherche éperdue d’objets inadéquats.

La jouissance

Les remarques concernant les caractéristiques des manifestations dans notre société de ce qui serait la place grandissante de la jouissance dans l’économie psychique, ces remarques-là, je souhaiterais les partager avec vous et qu’ensemble nous puissions soupeser et mesurer leur juste portée.

C’est en poursuivant le travail sur le champ du désir que Lacan va dégager le concept qui nous réunit aujourd’hui : la jouissance…

Il s’agit, dit-il le 5 mars 1958 dans le séminaire sur « Les formations de l’inconscient », d’une notion qui est toujours plus ou moins impliquée dans le maniement que vous faites de la notion du désir… Cette notion dont je parle sera l’autre pôle de notre discours d’aujourd’hui : elle s’appelle la jouissance.

C’est quoi précisément la jouissance ?

Je cite Lacan : « Ce que j’appelle jouissance au sens où le corps s’éprouve est toujours de l’ordre de la tension, du forçage, de la dépense, voire de l’exploit…Il y a incontestablement jouissance au niveau où commence d’apparaître la douleur  et nous savons que c’est seulement à ce niveau, de la douleur, que peut s’éprouver toute une dimension de l’organisme qui autrement reste voilée. » Vous trouverez cette citation dans « Psychanalyse et médecine » article de Lacan de 1966, cité par Nestor Braunstein dans son article « Désir et jouissance dans l’enseignement lacanien ».

C’est dans l’opposition au désir que la jouissance peut nous apparaître beaucoup plus nettement avec ses caractéristiques qui lui sont spécifiques.

Rappelons-nous que le désir est un manque, un manque à être, alors que, au contraire, la jouissance est positive, c’est quelque chose vécu par un corps…

Le mot jouir pourrait nous faire croire que la jouissance permettrait le plaisir, en fait non…

La jouissance est positive ; c’est un quelque chose vécu par le corps au moment où le plaisir cesse d’être pur plaisir…

C’est un plus ressenti par delà le plaisir.

Ceci me paraît beaucoup plus précisé, développé dans le séminaire sur « L’éthique » :

« La jouissance en tant qu’elle se présente comme enfouie dans un champ central avec des caractères d’inaccessibilité, d’obscurité et d’opacité dans un champ cerné d’une barrière qui en rend l’accès au sujet plus que difficile, inaccessible peut-être pour autant que la jouissance se présente non pur et simplement comme la satisfaction d’un besoin mais comme la satisfaction d’une pulsion au sens où ces termes nécessitent l’élaboration complexe que j’essaie ici d’articuler devant vous… La pulsion proprement dite est quelque chose de très complexe, elle n’est pas réductible à la tendance au sens de l’énergétique, elle comporte une dimension historique dont il s’agit pour nous d’apercevoir la véritable portée. Cette dimension se marque à l’instance avec laquelle elle se présente en tant qu’elle se rapporte à quelque chose de mémorable parce que mémorisé. La remémoration, l’historisation est coextensive au fonctionnement de la pulsion dans ce que l’on appelle le psychique humain… C’est aussi là que s’enregistre, qu’entre dans le registre de l’expérience, la destruction ».

C’est donc dans le rapport de la jouissance à la pulsion qui se révèle que la jouissance s’ouvre par-delà la satisfaction puisque la voie du désir qui devait nous faire rebrousser chemin en quête de l’objet perdu ou de l’objet impossible, nous est bel et bien fermé.

Le désir désigne un objet absent, c’est un manque à être qui requiert satisfaction dans la rencontre avec l’objet perdu…

Il trouve dans le fantasme son expression concrète ; la jouissance, elle, ne désigne rien et ne sert aucun but, quel qu’il soit.

C’est une expérience imprévisible située au-delà du principe du plaisir, distincte de toute rencontre mythique.

Le sujet, nous dit Nestor Braunstein, subit la division qu’introduit en lui la polarité jouissance – désir. C’est pourquoi désir, fantasme et plaisir sont autant d’obstacles à la jouissance.

C’est ce qui fait dire à Jean-Pierre Lebrun dans « L’homme sans gravité » :

« Si, comme l’enseigne la psychanalyse, ce n’est pas l’objet, mais le manque d’objet qui est organisateur de la spécificité humaine, si cet objet, cette chose que la mère sert le plus souvent à métaphoriser, doit être perdu pour que l’humain puisse émerger et si le lieu de la limite est mis en place par cette perte, y contrevenir équivaudrait du coup à réaliser un inceste

La présence grandissante dans le psychisme de la jouissance au détriment des autres instances psychiques se présenterait dans notre société moderne menaçant de produire une mutation humaine qui irait à l’encontre gravement de nos conceptions d’une société proprement humaine.

C’est ainsi qu’en ouverture de l’énumération des manifestations des ravages que pourraient produire l’hypertrophie de la jouissance, Jean-Pierre Lebrun nous dit que si les conjectures qui sont débattues dans les pages qui suivent se révèlent fondées, si l’homo faber cède effectivement la place à l’homme fabriqué, si c’est donc à « des hommes nouveaux » , à ces hommes « sans gravité » presque mutants que nous allons désormais avoir affaire, devons-nous préciser que les enjeux seraient immenses et que nous ne ferions ici que à peine les entrevoir.

Il s’agirait de passer d’une culture fondée sur le refoulement des désirs à une autre dans laquelle la « santé mentale » ne relèverait plus d’un idéal mais d’un objet de satisfaction. C’est-à-dire que la tâche psychique s’en trouverait grandement soulagée et la responsabilité du sujet effacée par une régulation purement organique.

Charles Melman nous fait remarquer que nous avons affaire à une mutation qui nous fait passer d’une économie organisée par le refoulement à une économie organisée par l’exhibition de la jouissance.

D’une certaine façon, il nous sera possible de reconnaître dans notre époque une certaine liquidation, ce qu’en psychanalyse on pourrait appeler une liquidation collective du transfert. Et Melman de le souligner encore du transfert en tant qu’il est susceptible de porter aussi bien sur des personnes que sur des blocs de savoir. Il n’y aurait plus d’autorité ni référence ni non plus de savoir qui tienne justement grâce au transfert… On n’est plus que dans la gestion, il n’y a plus que des pratiques. En ce qui concerne le sexe par exemple, le fait que le sexe ait fonctionné par la représentation et que actuellement, il se donne plutôt par la présentation, comme si ce lieu de recel qui abrite ce qu’on pourrait appeler le sacré, s’effacerait. Ce qui nous amènerait à considérer qu’actuellement, le sexe se présente sans visage au titre d’un besoin comme la faim ou la soif.

En ce qui concerne le sujet, de par la jouissance il est devenu positif, entier, alors que si nous partons de ce que Lacan appelle objet a, cause du désir, dont le caractère fuyant entretient la quête de notre désir, et dans le même mouvement disparaît le sujet en tant qu’animé par cette quête, ce sujet donc, inconscient, que Freud nous a fait reconnaître, nous permet de spécifier ce qui fait le rapport du sujet au monde aussi bien qu’à lui-même, lequel n’est pas organisé par ce qui serait un lien direct et simple à un objet, comme dans le monde animal.

La réflexion de Jean-Pierre Lebrun et Charles Melman nous amène à préciser la place du sujet dans cette nouvelle économie psychique. Ce sujet brut qui serait devenu un sujet entier, compact, serait un sujet non divisé. Ce qui l’amènerait à être éliminé de la structure du langage car la division du sujet, c’est le prix que nous payons pour être des « parlêtre », des êtres de langage.

Melman précise : « il y a la place pour un sujet mais un sujet qui a perdu sa dimension spécifique…Ce n’est sûrement plus le sujet qui relève de cette ek-sistence, de cette extériorité interne qui lui donnait un certain recul, un coup d’œil sur sa vie, sur le monde, sur ses relations et des choix possibles ; c’est devenu un sujet entier ».

Il est certain qu’à partir de l’idée d’un sujet entier, la perspective d’un être dont la conduite serait déterminée à l’avance apparaît dangereusement possible… Quel soulagement ! Il suffirait de se laisser porter, cela serait l’idéal, cela constituerait une forme d’accomplissement puisqu’il ne sera plus nécessaire de déterminer ou choisir ses actions, elles se trouveraient comme chez l’animal prédéterminées.

Il nous reste à poursuivre notre réflexion et nos observations sur le monde moderne à la lumière de ce que l’enseignement de Lacan sur la jouissance nous apporte. Nestor Braunstein dans on article cité nous disait déjà que Lacan dans sa leçon de mars 58 inaugurait une nouvelle psychanalyse.

Est-ce que nous avons les outils nous permettant de partager les sérieuses réflexions de Jean-Pierre Lebrun et Charles Melman ? Il nous sera impossible de sous-estimer ce que Melman résume ainsi – et je vais terminer avec sa phrase- « Il s’agit en quelque sorte d’une nouvelle relation à l’objet qui fait que celui-ci vaut non pas par ce qu’il représente, par ce qu’il est le représentant, mais par ce qu’il est ».

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Les ouvrages qui m’ont permis d’établir ce texte sont :

  • J. Lacan « Les Ecrits »

- La cure et les principes de son pouvoir

- Propos sur la causalité psychique

- Le Séminaire sur « L’éthique » que nous avons travaillé avec Monique Tricot

- Le Séminaire sur « Le désir et son interprétation » (avec Monique tricot)

- Le Séminaire sur « Les formations de l’inconscient »

  • L’article de Nestor Braunstein « Désir et jouissance dans l’enseignement lacanien ».
  • « La jouissance, pôle antithétique du désir», in « Lacan », de Michel Rabaté.
  • « L’homme sans gravité », Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun


[1] M. Soriano – Psychanalyste Membre de l’Association Lacanienne Internationale

 

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